Shark in Venice – 2008 – Danny Lerner
Cela fait maintenant quelques années que Nu Image n’avait plus produit de titres consacrés aux requins tueurs, films qui sont pourtant forts représentés dans leur catalogue au travers de la série des trois Shark Attack, mais également des minables Shark Zone et Raging Sharks. C’est d’ailleurs le réalisateur de ces deux derniers, Danny Lerner, qui se retrouve derrière Shark in Venice, et si le film est loin d’être une grande réussite, il s’avère tout de même être un cran au-dessus de ses prédécesseurs.
Question originalité, Shark in Venice n’innove pas vraiment, se contentant de reprendre l’histoire usitée du vieux trésor dissimulé sous les eaux, convoité par de nombreuses personnes plus ou moins fréquentables. Un grand requin blanc se chargeant de faire le ménage parmi les plongeurs un peu trop curieux. Une situation de départ déjà à l’origine de titres comme Shark Zone, Les Requins, Shark : le mangeur d’hommes, Terreur sous la mer ou encore Deadly Jaws. Mais là ou Shark in Venice crée la surprise, c’est concernant le choix du lieu de l’action, qui se déroule dans la Cité des Doges et ses innombrables canaux. Là encore rien de bien original, l’excellent Amsterdamned propose par ailleurs un récit mettant en scène un tueur monstrueux, qui utilise les canaux pollués de la ville d’Amsterdam pour commettre ses méfaits, mais il faut avouer que l’idée d’oser placer un grand requin blanc au beau milieu des gondoles vénitiennes n’a pu germer que lors d’une soirée arrosée avec autre chose que de l’eau…
C’est donc à Venise que nous allons faire la connaissance de David, plongeur bien décidé à retrouver son père qui a mystérieusement disparu, et qui ne va pas hésiter pour cela à affronter la mafia locale et ses vilains sbires qui en ont même profité pour enlever sa fiancée.
Un personnage mononeuroné typique de ce genre de productions, dont le rôle échoue tout naturellement à Stephen Baldwin, qui grâce à son unique expression faciale et sa démarche monolithique parvient à rendre Shark in Venice si hypnotisant. Déjà peu concluantes dans Snakeman et Harpies, ses performances d’acteurs sont tout simplement hallucinantes de médiocrités ici… il est désormais bien loin de temps de L’Équipée du Pony Express et de son cowboy qui faisait fantasmer les jeunes filles en mal d’aventures. Notons également la présence d’un autre habitué des productions dédiées aux animaux tueurs : Bashar Rahal, aperçu dans des films comme Monster Ark, Basilisk: The Serpent King ou Shark Attack 3: Megalodon.
Que les amateurs se rassurent, la suite est par contre du Nu Image pur jus, et la recette tout le monde la connait. Aucune évolution notable donc depuis Shark Attack premier du nom, puisqu’une fois encore ce sont des stocks-shots qui constituent la quasi-totalité des apparitions du requin tueur. Des images pour la plupart déjà aperçues dans d’autres productions, parfois utilisées plusieurs fois durant le film, et qui s’intègrent plus ou moins bien (souvent moins) à l’ensemble. Quelques rares effets spéciaux traditionnels feront tout de même illusion l’espace d’un instant, alors que d’horribles trucages numériques d’un niveau de médiocrité équivalant à ceux de Shark Attack 3 : Megalodon viendront égayer le film. Si les attaques du requin sont en nombre suffisant, les amateurs de barbaque saignante et autres effusions sanguinolentes risquent d’être déçus. Excepté une jambe tranchée et quelques restes de corps aperçus très furtivement, et il va falloir se contenter d’une eau bouillonnante teintée de rouge. Inutile de s’appesantir bien longtemps sur les incohérences, la présence de nombreux clichés ou les problèmes de rythme du récit, bien que par exemple le fait que les plongeurs discutent paisiblement entre eux avec un détendeur coincé entre les dents risque d’amuser quelques personnes. N’oublions évidement pas l’habituelle fin ouverte permet d’envisager une suite éventuelle…
Malgré de nombreux défauts de Shark in Venice, Danny Lerner signe ici un film bien plus réussi que ses deux précédentes incursions dans le genre avec les effroyables Shark Zone et Raging Sharks. À réserver tout de même aux amateurs des productions Nu Image et autres films fauchés qui tentent vainement de s’illustrer dans le sillage de titres comme Les Dents de la mer ou 12 Jours de terreur.
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