Silent Venom – 2009 – Fred Olen Ray
Souvent peu estimés par les scénaristes de films catastrophes ou d’agressions animales, les scientifiques et les militaires sont, consciemment ou non, à l’origine des pires problèmes que la Terre ait connus. Dans Silent Venom, ils cumulent d’ailleurs les tares puisque ce sont des chercheurs appartenant à l’armée ! En se prenant pour Dieu et en défiant les règles de la Nature, ils mettent au point une espèce de serpents génétiquement modifiés, à la croissance et à l’agressivité décuplées. Ils sont mêmes parvenus à ce que ces mutants arrivent à se reproduire avec les spécimens qui vivent en liberté et qui n’ont rien demandé à personne. Une action à l’encontre de la nature qui ne sera pas sans conséquence, puisque les serpents se retrouvent embarqués dans un sous-marin américain en partance pour Taiwan… Un récit qui n’est pas sans similitudes avec les récents Des Serpents dans l’avion et Snakes on a Train, mais qui est bien plus proche finalement d’un téléfilm ennuyeux des années 70 intitulé Fer-de-Lance (diffusé en France sous le titre Terreur sous la mer), qui se déroule également dans un submersible.
À la manière des récents Snakes on a Train ou Copperhead, le réalisateur ne peut s’empêcher d’intégrer au récit, qui fait intervenir des reptiles de taille « normale », des spécimens de reptiles géants. Une surenchère qui d’une certaine manière dessert le film. Ainsi, plutôt que de reproduire une certaine réalité, généralement plus efficace dans ce type de productions, Silent Venom tombe dans le fantastique dès la troisième minute de bobine. Difficile par la suite d’accorder la moindre crédibilité aux situations auxquelles nous assistons. La mère des petits est d’une taille phénoménale et n’a rien à envier aux reptiles géants de productions comme Python, Boa, et tous leurs potes à écailles. Apparition qui nous permet d’admirer des CGI risibles, assez typiques de ce genre de productions, qui se partageront donc l’affiche avec de vrais reptiles, autrement plus effrayants, ainsi que quelques autres trucages dans l’ensemble plutôt réussis.
Côté casting, nous retrouvons des comédiens comme Luke Perry, qui après des années à jouer un des beaux gosses de la série Beverlly Hills, écope de nombreux petits rôles pour la télévision avec une certaine attirance pour les films catastrophes (Descent, Supernova, Megastorm, The Storm). Le premier rôle féminin échoue à Krista Allen, échappée de la série Alerte à Malibu, qui a également à son palmarès bon nombre d’apparitions dans les téléfilms Emmanuelle. Plus récemment, nous avons pu la croiser dans l’excellent Feast et le nettement moins recommandable The Haunted Sea. La grosse surprise du casting vient surtout de la présence de Tom Berenger, acteur malheureusement un peu tombé dans l’oubli après avoir tourné avec de grands réalisateurs, et qui se retrouve à cachetonner ici pour mettre un peu de beurre dans ses épinards…
Le réalisateur n’est autre que le célèbre Fred Olen Ray, dont la filmographie conséquente oscille sans cesse entre la série B sympathique (L’Invasion des cocons, Dinosaur Island) et la série Z bien navetteuse (L’attaque des fourmis géantes, Face aux serpents). L’homme s’était déjà intéressé aux serpents tueurs dans le risible Venomous, dans lequel les serpents étaient d’ailleurs quasiment absents. Si Fred Olen Ray parvient généralement à offrir des divertissements plutôt honnêtes quand il ne se prend par trop au sérieux, Silent Venom hérite cependant des tous les mauvais penchants du réalisateur et peine à surnager au milieu de tous les clichés qu’il véhicule.
Comme vous pouvez vous en douter, l’équipage du bâtiment s’amenuise petit à petit, sans que personne ne puisse déceler l’origine de ces évènements étranges. Il n’y a pourtant pas à chercher bien loin, une vingtaine de serpents et une femme à bord d’un sous-marin sont responsables de tous les problèmes rencontrés.
Il est d’ailleurs amusant de constater que les gens déambulent dans les couloirs, avec plusieurs reptiles qui rampent à leurs pieds, sans remarquer quoi que ce soit ! Malgré l’utilisation de vrais serpents durant de nombreuses séquences, à aucun moment le réalisateur ne parvient à créer la moindre tension… Les attaques sont tout aussi ennuyeuses que le reste, et inutile d’attendre ici la moindre effusion sanglante.
Pas grand-chose de positif en ce qui concerne ce Silent Venom. Fred Olen Ray nous livre ici un film longuet, mal mis en scène et écrit par un scénariste trépané au hachoir. Le film éphémère par excellence, aussitôt vu, aussitôt oublié. Les spectateurs les plus courageux pourront tout de même se mettre sous la dent l’affrontement final complètement ringard entre le capitaine et un des serpents géants, que ce soit sous sa forme numérique grotesque ou animatronique, plus convaincante malgré une certaine rigidité.
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