Strays (Killer Cats) – 1991 – John McPherson
Une maison isolée, une vieille mamie et ses adorables matous, qui passe d’ailleurs une grande partie de son temps à nourrir tous les chats du voisinage, bref une petite scène de vie que nous sommes nombreux à avoir déjà connue. Mais qui pouvait imaginer que cela pouvait être le point de départ d’une terrifiante histoire de chats tueurs ?
Bien décidés à ne pas se laisser marcher sur le bout de la queue, ces derniers vont rapidement décréter que la pâtée bon marché que leur sert la vieille dame est une insulte gastronomique, et celle-ci va d’ailleurs le payer de sa vie… Les chats en ont marre et la révolution féline est en route, dirigée par un minou tout gris qui feule tout au long du film, une monstruosité qui pousse des miaulements rauques, comme si Chewbaka tentait d’imiter un chat… Une famille typique, entendez par là, le père et la mère, accompagnés d’un gosse et d’un chien, vient aménager dans la bâtisse, observée sans le savoir par les félins qui rôdent dans les herbes hautes. Manque de bol, Paul est allergique aux chats, et si ces derniers se montrent peu agressifs au départ, ils vont tout de même lui faire comprendre qu’il n’est pas en territoire conquis ici. L’homme va en effet retrouver son oreiller et ses vêtements souillés de pisse, un cadavre de rongeur aux pieds de son lit, sans parler de son fidèle cabot qui va se faire lacérer de partout. Heureusement que la famille est au courant de l’existence d’une arme secrète capable de venir à bout de leurs agresseurs… L’eau !
Un récit des plus classique donc, qui donne l’impression d’avoir déjà été écrit cent fois auparavant par des scénaristes qui se contentent de le décliner à chaque espèce animale montrable à l’écran. Si jusque-là les meutes de chiens avaient été très présentes au sein des films mettant en scène des animaux tueurs, les chats s’avéraient être beaucoup plus discrets, laissant généralement la vedette à leurs cousins éloignés que sont les fauves. Enfin pas tout à fait, puisque les ouvrages ou films basés sur des matous démoniaques ou possédés sont légion, comme Les Chats du Diable, toutes les adaptations de Le Chat noir, Cat From Hell, etc. Pour trouver de véritables mangeurs d’hommes ou tueurs sanguinaires, il va falloir se tourner vers des titres comme Les Chats tuent la nuit, encore que ces derniers ne mangent que ce que l’on veut bien leur donner, Le Clandestin et son chat mutant, et peut-être Les Griffes de la peur que je n’ai toujours pas visionné à ce jour.
Sans être un véritable calvaire à visionner, Killer Cats n’est finalement qu’un téléfilm sans véritable ambition, une production aseptisée destinée à être diffusée sur les chaînes câblées lors des deuxièmes parties de soirée. Des séquences ridicules alternent avec d’autres assez ennuyeuses, entrecoupées par moments de passages un peu plus vivaces et réussis, qui parviennent même à créer une certaine ambiance horrifique. Les acteurs, sans êtres exceptionnels s’en sortent plutôt bien, à noter la présence de Kathleen Quinland (Event Horizon, Apollo 13, Seule dans la tour de verre, etc.), Claudia Christian (Maniac Cop 2, Babylon 5, etc.), ainsi que de nombreux acteurs à la carrière télévisée assez chargée comme Timothy Busfield ou William Boyett. De plus, de la vue subjective intra-animale à la fin ouverte, tous les clichés quasi inhérents à toutes les productions d’animaux tueurs sont réunis dans ce téléfilm. Mais le principal défaut de Killer Cats est pourtant ce qui fait normalement l’attrait de ces films : les attaques animales.
Ici, difficile de prendre au sérieux cette histoire de chats tueurs, tant ces derniers n’apparaissent effrayants à aucun moment. Les matous miaulent, feulent et bondissent à tout va, mais cela ne suffit pas à en faire des monstres. Le nombre de victimes est ridicule, et les assauts peu fréquents se ressemblent étrangement. En gros, la proie se retrouve entourée de chats, qui sautent hors champ, avant qu’un plan montrant l’acteur luttant avec une marionnette se retrouve par terre, puis termine recouvert de chats balancés par des accessoiristes.
Bien entendu, les animaux qui n’ont rien à faire là se barrent aussitôt, achevant de rendre ces scènes grotesques. Le final est du même tonneau, et l’affrontement entre Paul et le chef de la meute féline tourne rapidement au grand n’importe quoi. On y voit un chat, qui enfermé dans un micro-ondes s’en éjecte tel un diable, filant tout droit dans les airs sur une distance de plusieurs mètres, avant de terminer sa carrière de tueur après avoir planté ses crocs dans un câble électrique, tel le requin de Les Dents de la mer 2. Outre l’utilisation de vrais animaux qui donne tout de même un aspect réaliste à l’ensemble, bien que l’on voit clairement ici que travailler avec des chats ne doit pas être très aisé, les effets spéciaux sont réduits à leur strict minimum. La marionnette utilisée n’est pas des plus réussies, même si elle est loin du ridicule de celle de Le Clandestin, et les effets sanglants sont quasi inexistants excepté deux ou trois griffures.
La conduite à suivre lors de la vision de ce Killer Cats m’a été suggérée par mon chat, qui a subi sans broncher les 15 premières minutes de film avant de filer se coucher loin de la télé, me laissant seul face à ce choix : dois-je l’imiter ou persévérer ? J’aurais mieux fait de suivre son instinct…
À découvrir également :
- La Noche de los mil gatos (Les Chats tuent la nuit) – 1972 – René Cardona Jr.
- Eye of the Cat (Les Griffes de la peur) – 1969 – David Lowell Rich
- Critters 3 – 1991 – Kristine Peterson
- Revenge of Billy the Kid (La Famille cradingue) – 1991 – Jim Groom
- Killer Bees (La Révolte des abeilles) – 1974 – Curtis Harrington






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