The Being – 1983 – Jackie Kong

27/01/2010 KaijuFan Commenter Allez aux commentaires
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The Being

The Being
Aka : Easter Sunday, Freak,The Pottsville Horror
Genre : Monstre mutant

USA, 1983, 82 min
De Jackie Kong
Avec Martin Landau, José Ferrer, Ruth Buzzi, Bill Osco, Marianne Gordon, etc.


Quel sujet délicat que le traitement des déchets nucléaires… Une question qui ne se pose pas vraiment dans un petit coin de l’Idaho, où ces derniers sont stockés dans un dépôt peu sécurisé, occasionnant ainsi la présence d’un monstre mutant dans les environs… Dépassé par les évènements, le shérif local va pourtant devoir faire face à cette créature peu avenante.

Synopsis :

Bienvenu à Pottsville où l’économie locale repose sur la récolte des pommes de terre, où les disparitions sont nombreuses et où le maire est joué par José Ferrer ! Ce qui en passant ne semble pas trop inquiéter les résidents. La scène d’ouverture nous affuble d’une narration superflue où le punch du film, si punch il y a, est révélé. Bravo! Quelle habileté!

thebeing09Mais cessons de critiquer les efforts de création de Jackie Kong qui occupe à la fois les fonctions de scénariste et réalisateur et plongeons-nous dans l’histoire. Pour débuter, quoi de mieux qu’un bon petit meurtre à ce mettre sous la dent. Cela Jackie Kong l’a bien compris, à défaut d’autre chose. Ainsi en pleine nuit, au dépôt de déchets nucléaires, un jeune ado est pourchassé par, on s’en doute bien, quelque chose de méchant. Dans sa cavale, le jeune homme échoue au cimetière de voitures voisin. Il pique une bagnole et se sauve dans la nuit. Le jeune se croit en sécurité, mais tout spectateur averti sait qu’il s’agit là d’une fausse impression. La créature n’est pas bien loin. Elle décapitera notre jeune imprudent (aller jouer dans un site d’enfouissement de déchets radioactifs…ha la jeunesse), et la voiture terminera sa course dans le mur d’un hangar. Cette première mise à mort est bien exécutée. La créature est montrée en caméra subjective et hormis une paire de bras visqueux lors de l’agression, l’aspect de la créature demeurera un mystère.
Les effets gore sont très corrects, l’atmosphère bien rendue et l’ensemble est assez rythmé.

C’est ensuite que les choses se gâtent. En faisant la connaissance du shérif joué par William Osco, probablement atteint d’une anémie faciale pendant le tournage. Sur les lieux du meurtre, notre bon détective ne remarque même pas la substance verdâtre sur le siège avant du véhicule, pas plus qu’il ne fouille le coffre arrière. Heureusement d’ailleurs, car le monstre s’y cache. Et pourquoi s’y cache-t-il me demanderez-vous? Probablement parce qu’il n’y a pas d’autre coffre de voiture à des kilomètres à la ronde. Logique non? De toute façon, cela sert bien le scénario, puisque le garagiste chargé de remorquer la voiture sera la deuxième victime du monstre mutant! Quoi! Un monstre mutant!
Et oui j’ai bien dit un monstre mutant. Pottsville + patates + déchets nucléaires + meurtres + José Ferrer = monstre mutant! En plus, le punch avait été éventé en partie par ce cher narrateur… alors, je ne me sens pas trop coupable.

Aller on passe au troisième et quatrième meurtre. Vraiment on ne perd pas de temps. On se retrouve au ciné-parc, ou un film d’horreur mettant en vedette, vous l’aurez deviné, un monstre mutant est projeté. Cette Jackie Kong, elle de la suite dans les idées! Voyez-vous apparaître le concept? thebeing05C’est beaucoup plus songé qu’il n’y paraît. Bref, cette prochaine attaque aura le mérite de nous montrer les premiers nichons du film. Ceux dans le film projeté sur l’écran et ceux d’une demoiselle qui fait des guiliguilis avec son petit ami bien en sécurité, croient-ils, dans leur voiture. Mais c’est sans compter sur le monstre qui a plus d’un tour dans son sac. Il pénètre dans la bagnole, pas par la portière, mais bien par tous les orifices possibles. Le monstre a maintenant pris une forme liquide. Et oui c’est dire à quel point il a muté! Les Transformers n’ont qu’à aller se rhabiller!

Pas rassasiée, notre créature quitte la voiture et va s’en prendre aux passagers de la caisse voisine, deux gars défoncés. L’un d’eux sera extirpé du véhicule par la fenêtre de la portière. Et cela, sous les yeux écarquillés, on se demande bien par quoi exactement, de son compagnon qui aura aperçu le monstre au passage.
Enfin un témoin direz-vous! Mais pas du tout! Vous ne lisez pas quand j’écris…il était paumé!!!! Alors bien évidemment son témoignage ne sera pas pris au sérieux par notre charismatique policier. Qui au passage retrouve une de ses facultés perdues, soit l’observation. Et oui notre expert en scène de crime, relève enfin la présence d’une substance verdâtre, mais par accident…il s’assoit dessus…les mots me manquent. De plus, un autre indice laissé derrière par la créature (on se croirait en plein Scoubidoo), attire l’attention. Il s’agit d’un trou dans le sol. Mais une fois encore notre flic hyperconcerné ne poussera pas plus loin son enquête. Y’a de quoi, le monsieur est fatigué. Et on le comprend. Après tout, cinq meurtres dans la même soirée à Pottsville, capitale de la patate où il ne se passe jamais rien et où le maire est José Ferrer… ça épuise.

thebeing02Et voilà maintenant notre cher ami le fin limier extraverti, qui rentre chez lui. Rappelez-vous que la créature laisse derrière elle des traces très évidentes. Il faut admettre qu’elle n’est pas très propre. Je dis ça comme ça. Car voyez-vous y’a pas de raison pour que ça change. Alors, notre shérif 100 000 volts se dirige à la chambre, tout est normal, le spectateur ne peut donc soupçonner que cette scène est le prélude à quelque chose d’horrible! Le lit est bien fait, la chambre est très en ordre et que ce passe-t-il lorsqu’il tire les couvertures pour faire dodo? Coup de théâtre numéro un; Il découvre un immense tas de matière radioactive verdâtre en mutation! Incroyable direz-vous? Ça tient du génie vous répondrai-je! Le spectateur ne peut être qu’à la fois surpris et pris d’effroi quant à la signification de cette découverte. Et coup de théâtre numéro deux; la créature embusquée sous le lit lui attrape la jambe et le jette par terre! Le policier finira par s’échapper au-dehors… Attendez que je reprenne mon souffle…

Les cinéphiles les plus avertis se poseront quelques questions à ce stade de l’histoire. Pourquoi la créature est-elle là? Pourquoi a-t-elle laissé sa carte de visite sous les couvertures du lit et pas ailleurs? Comment fait-elle pour se déplacer d’un endroit à l’autre aussi rapidement? Comment José Ferrer a-t-il fait pour se faire élire maire? La réalisatrice l’ignore et la scénariste s’en doute. À mettre au crédit de Jackie Kong, faute de savoir écrire, elle aura au moins compris ce que les amateurs du genre désirent. Toutes ces attaques nous sont présentées dans la première demi-heure du film. Et même si c’est con… un peu…ou même beaucoup, on embarque tout de même, car on ne s’ennuie pas.

Maintenant, poursuivons. Évidemment notre flic adepte du ritalin, s’empresse de communiquer cette information au Maire José Ferrer qui se cache ici sous un pseudo; Gordon Lane. Ce dernier n’accordera aucune crédibilité au détective et lui ordonnera de chercher ailleurs et jettera la responsabilité des disparitions sur… l’orage! Si si! Et le plus sérieusement du monde d’ailleurs. Ha, je ne vous avais pas dit qu’il y avait un orage? Et bien il y en a un. Bien qu’il ne tombe pas une seule goutte de pluie tout au long du film les nuages se font menaçants, et le tonnerre se fait entendre surtout le soir venu. Ce qui contribue d’ailleurs à la bonne atmosphère du film.
C’est dans cette même scène avec le maire, que le policier Energizer est présenté au Dr. Garson Jones joué par Martin Landau. Un scientifique du gouvernement, envoyé sur place afin de conduire des tests sur les effets de l’entreposage des déchets nucléaires. À le voir, on croirait qu’il cache quelque chose…et bien non.

Les attaques du monstre se poursuivent à un bon rythme. L’assistant Shérif aura le cœur excavé de la poitrine. Trois zigotos seront tués dans un dépôt de revues cochonnes. La femme du maire tombera elle aussi sous la langue du mutant. Comment? Je ne vous avais pas dit que le monstre se sert de sa langue pour tuer? Ben quoi la langue est le muscle le plus fort de l’être humain. On peut bien tuer avec si ça nous chante! thebeing04De plus, notre flic survolté a une copine qui tient un snackbar. Et un soir à la sortie du travail, il vient la chercher, car il s’inquiète pour sa sécurité. Et ils seront tous les deux attaqués par le monstre lors d’une scène assez ridicule qui risque de provoquer l’effet inverse à celui recherché. Nos deux amoureux vont donc se réfugier au snackbar. À ce moment les choses deviennent confuses. Je sais ça ne s’améliore pas. La créature tentera de pénétrer dans le restaurant. Elle y parviendra on ne sait trop comment. Encore plus fort la copine du flic arrivera à enfermer le monstre dans la chambre froide et encore une fois on ne sait trop comment. Notre héros sur l’adrénaline demande à José Ferrer d’enfiler son habit de maire et de venir constater que le monstre existe. Mais la créature s’échappe à temps et on ne sait toujours pas comment. Ça tombe bien puisqu’on ne savait comment elle avait fait pour entrer! Un mystère en vaut bien un autre.

Et maintenant on se prépare pour le final. Depuis le début le personnage de Martin Landau semble être atteint d’une dégénérescence de la matière grise. En effet le bonhomme débite quantité de stupidité depuis sa première apparition. Alors serons-nous surpris de l’entendre annoncer que pour prouver que le dépotoir est sécuritaire, il va aller y camper? Et tout cela, au moment où les habitants de Pottsville meurent comme des mouches??? De plus sommes-nous surpris d’apprendre qu’une vielle timbrée erre la nuit dans toute la ville à la recherche de son garçon disparu il y a de cela quelques années dans le dépotoir de déchets nucléaires? Sommes-nous surpris d’apprendre qu’elle habite une maison toute propre si ce n’est de la présence d’une matière verdâtre? Sommes-nous surpris d’apprendre que le monstre mutant lui rend visite chez elle et qu’elle s’adresse à lui en le nommant Michael? De toute façon à quoi cela sert-il de connaître ces informations? Après tout, seule la petite amie du flic va découvrir tout cela. De toute évidence, elle aurait dû être flic et lui tenancier de restaurant. De plus, elle ne révèlera ces informations à personne. Et quant au spectateur il avait été mis au courant par le narrateur au début du film…alors à quoi ça sert de raconter tout cela???

De toute façon au final on assistera à une confrontation à trois, durant laquelle Martin Landau portera main forte au flic dans un combat contre la créature au dépotoir. À ce moment Martin Landeau se prend d’affection avec un chat trouvé sur place. Et lorsque les deux hommes croyant la bibite morte décident de partir, Martin nous vomira une autre ligne très conne : « Oui mais pas sans le chat! » C’est drôle, mais j’ai une impression de déjà vu. Évidemment en voulant le récupérer, notre bon vieux Martin se fera mettre en pièce par le mutant tout comme le chat. À partir de ce moment, le monstre semble changer d’aspect.
Il ne correspond pas tout à fait à ce qui a été montré de lui jusqu’à maintenant. Il y aura donc un combat d’homme à mutant entre le flic et Michael. Ce dernier se contentera de catcher avec le policier et de lui mordre la jambe. Après une autre tentative infructueuse de tuer le monstre, le super flic lui balancera des bouteilles d’acide en pleine gueule et complètera le tout de quelques coups de hache. Et voilà plus de monstre! Du moins, c’est ce que croit le spectateur, mais avant que le film ne s’achève, une autre créature fait son apparition dans le dépotoir. Quelle imagination cette Jackie kong!

Critique :

thebeing08À l’arrivée, malgré tous les trous du scénario, les mauvais dialogues et les idées pompées à d’autres productions, on se surprend à apprécier le film. Pourquoi? Et bien c’est simple. Les attaques du monstre sont assez nombreuses pour nous garder intéressés et elles ne sont pas trop mal. À part deux séquences où un grotesque morceau de caoutchouc est lancé devant la caméra afin de personnifier le monstre, les effets de la créature sont assez bien réalisés. Et il y a un peu de gore, assez réussi d’ailleurs. L’ambiance dans laquelle baigne le film est tout à fait dans le ton du genre. La plupart des scènes se déroulent la nuit, et il y a suffisamment de zones sombres à l’écran pour y dissimuler le monstre. D’ailleurs, la créature n’est jamais clairement montrée dans sa totalité. On a droit à des bouts par-ci par-là. Fait cocasse à souligner, le monstre qui apparait dans le film projeté au ciné-parc est le même que celui qui sévit à Pottsville.

Côté scénario, on n’a pas cherché bien loin. Mais est-ce bien nécessaire dans ce genre de produit? Cela dit, certains éléments de l’histoire ne sont pas très aboutis. Comme ce réseau de tunnels que semble emprunter le monstre. Ou encore la population qui devrait être terrorisée et qui ne l’est pas, du moins on n’en a pas l’impression.

Le jeu des acteurs n’est pas mauvais, exception faite du personnage principal. Ce détective joué par William Osco n’est pas très expressif. José Ferrer(Blood Tide, Bloody Birthday), Martin Landau (Alone in the Dark, Without Warning) et Ruth Buzzi viennent rehausser le niveau de l’interprétation et livrent une performance correcte pour ce genre de film.

La réalisation est adéquate. Il ne faut pas chercher le plan génial ni l’originalité de l’inspiration, car de toute évidence elle vient d’autres productions similaires. Mais le film se laisse regarder avec plaisir. Il y a toujours ces quelques moments d’humour involontaire qui nous font sourire ou se tordre de rire. De toute façon, la réalisatrice ne se prend pas au sérieux. Et c’est évident avec le texte qui précède le générique final. On y apprend ce que sont devenus ceux qui ont survécu aux évènements. Un peu comme s’il s’agissait d’un fait vécu…à la Amityville par exemple. À regarder pour peu que l’on aime le genre un peu fauché, auquel cas on passe plutôt un bon moment.

The Being - 1983 - Jackie Kong 4.0101
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