The Breed – 2006 – Nick Mastandrea
Si les films d’agressions animales n’ont jamais cessé d’envahir nos étagères et salles de cinéma, certaines espèces tueuses étaient devenues plutôt rares à l’écran, tout au moins en temps qu’élément horrifique principal. Les chiens, qui avaient prospéré dans le genre durant les années 70 et 80, ont du attendre le risible Rottweiler de Brian Yuzna pour remettre une patte derrière la caméra durant l’année 2004, mais surtout l’excellent Wilderness et sa meute meurtrière sorti courant 2006. Dommage donc que The Breed se trouve être assez éloigné des attentes que l’on pouvait avoir placées en lui… Le film est loin d’être mauvais, les attaques sont efficaces et les effets spéciaux fort corrects, mais de nombreux défauts viennent entacher ce dernier. N’espérez donc pas y retrouver la sauvagerie d’un The Pack, dont il est une quasi-relecture, ou la tension dégagée par Cujo…
Produit entre autre par le célèbre Wes Craven, The Breed est cependant l’oeuvre de Nicholas Mastandrea, un nom qui ne vous est sans doute pas inconnu puisque l’homme est le producteur de quelques uns des films récents du papa de Freddy Krueger, par exemple les 3 Scream ou encore l’abominable Cursed. Jusque là confiné au rôle d’assistant réalisateur, dont on retrouve d’ailleurs la trace sur Monkey Shines en 1988, Mastandrea réalise ici son premier film, ce qui se ressent un peu à l’image part ailleurs. Ce dernier ne prend en effet pas vraiment de risques, se contentant d’appliquer à la lettre les ficelles d’un teenager movie classique : musique pop-rock, une bande de potes fétards et hystériques, un peu d’alcool, un peu de sexe (mais de manière plus que suggérée, pas un nichon à l’horizon), des blagues d’ados et quelques bons sentiments.
Secouez un peu le tout et vous obtenez une première partie d’exposition d’une banalité affligeante. La mise en scène est basique, les effets de surprise plus que prévisibles (ce qui n’empêche tout de même pas de sursauter quelques fois), les survivants ne mettent guère de temps à se détacher du lot des victimes potentielles, bref on se laisse un peu aller à bailler lorsque surviennent enfin les chiens assoiffés de chair fraîche !
Car pour le moment, à part un petit chiot, nous n’avons guère aperçu les molosses, la scène d’intro du film, rappelant étrangement celle de Le pacte des loups, ne faisait en effet que suggérer les animaux à travers des ombres furtives et des grognements menaçants. Pourtant, les attaques qui vont suivre sont vraiment réussies, et même lorsque les chiens ne feront que blesser leur proie, la férocité des assauts se ressent fortement à l’image. Dommage par contre que les blessures suintantes et les jets de sang ne soient pas vraiment de la partie, le film est un peu trop gentillet de ce côté-là, mais on trouve tout de même quelques passages sanglants à se mettre sous la dent.
Les offensives des prédateurs canidés sont de plus en plus violentes, et les chiens utilisés au maximum de leur potentiel par les dresseurs et les cascadeurs. Mastandrea n’hésite pas à nous les montrer dès que l’occasion se présente, rendant cette seconde partie bien moins terne et beaucoup plus rythmée que la précédente.
De nombreuses races sont utilisées, ce qui, à la manière de The Pack renforce l’aspect meute sauvage de l’ensemble, même s’ il n’est par contre pas vraiment question de chiens errants « classiques » ici. Il s’agit en effet d’animaux crées génétiquement dans un camp d’entraînement militaire voisin, de véritables machines à tuer, tout de même un peu stupides puisqu’elles ne saisissent jamais la gorge (mettons cela sur le compte de la consanguinité laborantine ou d’une malencontreuse erreur dans le choix des éprouvettes). Présentés comme un commando de prédateurs très organisés et très intelligents, les animaux auraient sans doute été bien plus effrayants si cette explication rationnelle n’avait pas été amenée comme un cheveu sur la soupe… et de manière aussi grotesque.
Le récit ne fait pas preuve d’une grande originalité non plus. Traqués, nos jeunes amis se réfugient dans la maison, qui sera à son tour investie par les chiens, tous crocs dehors. Barricadés dans le grenier, ils vont tout faire pour tenter de survivre et trouver un moyen de quitter cet endroit, mais il faut avouer que venir s’enfermer dans une bâtisse isolée sur une île paumée n’était peut-être pas une si bonne idée.
Des situations convenues, vécues par des acteurs peu inspirés par leurs rôles archi-caricaturaux, même si Michelle Rodriguez (Resident Evil, Lost) tire un peu mieux son épingle du jeu, donnant une certaine consistance à son rôle face aux autres jeunes premiers qui lui servent de partenaires.
Pourtant, on prend un certain plaisir à regarder cette petite production qui se révèle tout de même être plus agréable à visionner que bon nombre de films Sci-Fi Channel ou Nu Image actuels malgré son aspect un peu lisse. L’ensemble, à part quelques effets spéciaux un peu perfectibles parvient tout de même à faire mouche grâce à une action soutenue lors des 30 dernières minutes, et les attaques qui procurent quelques bons moments de frayeur.
À réserver tout de même aux amateurs de films de croques ou de productions horrifiques récentes qui pourront louer ça lors d’une soirée sans avoir à le regretter.
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