The Day of the Triffids – 2009 – Nick Copus
Si les plantes carnivores ont depuis bien longtemps creusé leur trou au cinéma, que ce soit dans les délirantes versions de La Petite boutique des horreurs, l’érotique La Plante qui aimait les femmes, ou dans des productions plus (Adèle n’a pas encore dîné, Le Baron Vampire, et en élargissant un peu la créature végétale de La Chose d’un autre monde) ou moins (The Double Garden, Voodoo Island) réussies, rares sont celles qui peuvent se vanter d’êtres aussi terrifiantes et destructrices que celles de The Day of the Triffids. Un roman de l’auteur britannique John Wyndham, qui a connu à ce jour trois adaptations pour le cinéma ou la télévision. Un film sorti en 1962, qui demeure assez sympathique tout en s’éloignant assez du texte original (notamment le final naïf et très vite expédié) pour se rapprocher d’un traitement qui n’est pas sans rappeler celui de La Guerre des mondes, une excellente mini-série de 6 épisodes produite par la BBC en 1981, et une nouvelle mini-série en 2009, de deux épisodes de 90 min, également produite par le groupe britannique.
C’est de cette dernière version qu’il est question ici. Une relecture assez fidèle du matériau de base, cependant réactualisée afin de coller au mieux à des préoccupations davantage contemporaines. Outre les quelques avancées technologiques, qui ne seront de toute manière que peu utiles pour anéantir les triffides, il est donc question du réchauffement climatique qui menace la planète.
Un cataclysme évité de peu grâce aux triffides justement, des spécimens génétiquement modifiés qui sont cultivées dans des fermes secrètes très bien protégées, afin d’en extraire leur précieuse huile. Si l’homme est à l’origine de ces expériences, c’est pourtant une catastrophe naturelle qui va être à l’origine de la révolte des triffides. Une superbe tempête solaire d’une rare puissance va rendre aveugle la quasi-totalité de la population terrestre… Un chaos sans précédent va naître partout sur le globe. Les villes sont en flammes, ravagées, les habitants subitement privés de leur vue ne savent comment réagir, la faim et la violence s’installent… et là-dessus, alors que l’humanité est affaiblie, la revanche de la nature est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter. L’home va donc tout tenter pour conserver sa place d’espèce dominante, soit de combattre ces envahisseurs carnivores terriblement dangereux, soit de commencer à composer un semblant de nouvelle société, qui pourra, une fois le fléau achevé, servir de base à l’établissement d’une nouvelle civilisation. Les élites dans leur tour de verre, arche de Noé humaine vouée à l’échec, le peuple dans des lieux investis en hâte et leurs armes inefficaces, les scientifiques qui manquent de temps et de données, ou l’église qui remet au goût du jour le sacrifice des invalides, la tâche s’annonce très difficile… et les solutions envisagées pour sauver l’humanité sont loin d’êtres toutes efficaces ou très éthiques.
Parmi les personnages non touchés par la cécité, le récit va se focaliser sur quelques-uns d’entre eux. Un scientifique, spécialiste des triffides, une célèbre journaliste, un ancien militaire idéaliste, et un arriviste avide de pouvoir, qui au gré de leurs rencontres vont tenter de convaincre et regrouper pour leurs différentes causes une partie de la population.
Et si les principaux protagonistes du récit bénéficient d’un traitement plus que correct, il n’en est malheureusement pas de même pour les personnages secondaires, caractérisés un peu trop grossièrement et aux motivations pas toujours très claires. Le réalisateur pose assez rapidement les bases de son histoire, mais la mise en place un peu hasardeuse des évènements rend The Day of the Triffids un peu pénible à suivre par moments. Heureusement, le traitement orienté action va permettre d’oublier un peu tout ça au profit de séquences efficaces. L’ambiance générale au ton pessimiste joue également en la faveur de cette production, qui s’avère assez crédible quant elle décrit un monde désolé, vivant ses premières heures post-apocalyptiques. Les triffides sont également bien réalisées, plantes menaçantes, à la démarche assez lente compensée par des racines résistantes capables d’attraper rapidement une proie. Leur aiguillon venimeux, qui termine une liane d’environ 2,50 mètres, est aussi d’une efficacité redoutable. Une fois la victime immobilisée, reste ensuite à la plante de se nourrir en absorbant les fluides vitaux de celle-ci… Les quelques plans mettant en scène l’armée végétale en marche sont également soignés, bien qu’ils manquent visuellement un peu d’impact. Sur ce point, les scènes semblables du film et de la précédente mini-série sont un peu plus convaincantes. Des effets spéciaux travaillés que l’on doit à quelques spécialistes du genre, parmi lesquels Neal Champion (Dead Set, Crimes à Oxford) ou encore de Thomas Turnbull (Resident Evil: Extinction, Slither.)
Techniquement abouti, cette version de The Day of the Triffids est cependant moins frappante que la précédente production télévisée de la BBC (qui à produit à peu près à la même époque les excellents Nightmare Man et The Mad Death), qui demeure à ce jour la meilleure adaptation à l’écran du roman de Wyndham. Une bonne manière en tout cas pour certains de découvrir un récit qui à plus ou moins directement inspiré bon nombre de productions catastrophes ou post-apocalyptiques, et dont le final, s’il laisse pointer un peu d’optimisme, est fidèle à ce que l’on attend de ce genre de productions.
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