The Deadly Bees (Le Dard mortel) – 1967 – Freddie Francis
The Deadly Bees est une petite production britannique réalisée en 1966 pour le compte de la société Amicus, qui œuvrait alors dans l’ombre de la Hammer. Diffusé en France sous le titre Le Dard mortel, le film est l’adaptation du roman A Taste for Honey de Gerald Heard, dont le récit est influencé par les enquêtes du célèbre Sherlock Holmes. Le Roman avait d’ailleurs déjà fait l’objet d’une transcription pour la série télévisée The Elgin Hour avec l’épisode The Sting of Death qui mettait en scène Boris Karloff aux côtés de Robert Flemyng.
Réalisé par Freddie Francis, auquel nous devons des titres comme La Légende du loup-garou, Tales That Witness Madness, They Came from Beyond the Space, Le Jardin des tortures, Trog, ou encore quelques scènes de L’Invasion des Triffides, Le Dard mortel fait partie des précurseurs des productions d’agressions animales qui allaient envahir les écrans durant les années 70 après les sorties en salles de films comme Willard ou Les Dents de la mer.
En effet, si les années 60 privilégiaient encore les monstres géants ou les mutations dues à des erreurs ou expériences scientifiques, les animaux tueurs allaient petit à petit intéresser de nombreux scénaristes. Alors que le terrifiant Les Oiseaux, filmé par Alfred Hitchcock, hantait encore les spectateurs, d’autres espèces du règne animal faisaient timidement leur apparition. Des abeilles tueuses dans Le Dard mortel et Genocide, des félins dangereux dans Le Zoo meurtrier, Les Griffes de la peur ou l’adaptation par Harold Hoffman de la nouvelle Le Chat noir de l’écrivain Edgar Allan Poe, un ours mécontent dans La Nuit du Grizzly, et quelques autres spécimens dans Le Château des chiens hurlants ou encore Shark : le mangeur d’hommes de Samuel Fuller.
C’est Robert Bloch, auteur du roman Psychose et scénariste en autres de The Cat Creature, qui se charge d’adapter ici le livre de Gerald Heard. Après un démarrage en chanson entrainant un malaise, Vicki Robbins débarque donc sur Seagull Island, dans la ferme d’un apiculteur et de sa femme.
De nombreuses victimes, animales et humaines, sont à déplorer. Toutes les morts semblent avoir la même origine, ce qui va intriguer Vicki, épaulée par un voisin sympathique mais intriguant… Si cette histoire n’est pas des plus originales, c’est avec un intérêt certain que l’on assiste à une enquête qui n’occasionne aucune lassitude. Bâti sur une ambiance qui privilégie le mystère aux séquences-chocs, dans des décors qui témoignent d’un certain travail, le film est malheureusement gâché par les performances assez quelconques des acteurs, quelques clichés agaçants, une mise en scène sans relief et de mauvais effets spéciaux.
Les trucages sont en effet loin d’êtres crédibles, puisqu’ils consistent en de simples surimpressions des plus perfectibles. S’il s’agit généralement de vraies images d’abeilles incrustées grossièrement, quelques séquences en extérieur présentent de simples grains de café plongés dans une eau agitée ! À noter également, l’utilisation de fausses butineuses en plastique collées à même les acteurs. Un mélange assez maladroit, qui fait perdre beaucoup d’intensité aux attaques mortelles des mouches à miel. Les rares maquillages sont par contre nettement plus convaincants. Il est certes difficile de travailler avec des abeilles, mais des productions comme La Révolte des abeilles de Curtis Harrington, Les Abeilles féroces ou encore Terreur dans le ciel sont à ce sujet bien plus réalistes et effrayantes.
Le casting nous permet de retrouver ici Suzanna Leigh (Le Peuple des abîmes, Le Fils de Dracula, etc.) aux côtés de Frank Finlay (Magie noire, Lifeforce, Les Vierges damnées, etc.) ou encore de Catherine Finn, aperçue La Chair du diable.
Si Le Dard mortel s’avère dans l’ensemble plutôt médiocre, cette série B possède tout de même un certain charme, et aborde quelques unes des thématiques qui seront par la suite utilisées dans de nombreuses productions d’agressions animales. Le film de Freddie Francis se rapproche finalement plus d’une production comme Le Zoo meurtrier, que d’une relecture maladroite de Les Oiseaux greffée sur une enquête policière. Sur ce dernier point, il est d’ailleurs dommage que le récit ne réserve aucune surprise et que l’on devine rapidement qui se cache derrière ces meurtres atroces…
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