The Killer Shrews – 1959 – Ray Kellogg
Souvent nominé dans les tops des pires films d’agressions animales, The Killer Shrews, malgré ses nombreux défauts, n’est certainement pas l’expérience traumatisante que l’on veut bien nous faire entendre, d’autant plus que l’on peut même déceler une ou deux qualités à cette production hilarante en cherchant un peu. Profitant de l’engouement du public pour les Monster movies afin de diffuser ses bobines dans tous les drive-in du pays, et ainsi espérer se remplir les poches pour un investissement minime, Ray Kellog, spécialiste des effets spéciaux, décide d’enchaîner coup sur coup ses deux premiers films en temps que réalisateur. Sortis durant l’été 1959, The Giant Gila Monster et The Killer Shrews se présentent donc comme deux séries Z aux budgets plus que limités, investis par une boite de production indépendante texane. Souffrant tous deux de nombreuses tares, il sera pourtant difficile pour le public de différencier à première vu ces titres de ceux projetés la même années, eux aussi peu inspirés, mais nettement plus réussis ou rigolos, comme The Alligator People, L’Attaque des sangsues géantes ou encore L’Attaque des crabes géants.
Outre le scénario qui ne fait preuve d’aucune originalité, et qui s’avérera au fil du récit de plus en plus décousu, cette histoire de musaraignes devenues géantes suite à un accident scientifique impliquant une hormone de croissance, ne sera guère mise en valeur par des acteurs plus que mauvais, des effets spéciaux risibles et un rythme plutôt mollasson.
Tourné dans un lieu isolé afin d’éviter la fameuse scène de panique propre à tous les films catastrophes, et de perdre ainsi une bonne partie du budget en décors et figurants, le réalisateur parvient tout de même à rendre cette production fauchée encore plus piteuse que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Pris au piège sur l’île, les quelques personnages, qui n’échappent pas aux clichés habituels caractérisant ce genre d’équipe de bras cassés, vont se retrouver dans des situations très convenues. Retranchés dans un bâtiment, ils vont tant bien que mal tenter de résister aux assauts meurtriers et répétés des soricidés géants.
Pourquoi avoir choisi cet animal ? Sans doute, car si tout le monde connaît le mot musaraigne, bien peu de gens arrivent à mettre une image sur cette espèce de petit mammifère, tout est donc permis concernant les effets spéciaux, peu importe la crédibilité. Pourtant, ces bestioles ne font guère illusion, il est inconcevable de ne pas reconnaître sous les haillons agrémentés de bouts de fourrures et de serpillières, de simples bergers allemands. Pourtant, une fois ce constat désopilant accepté, on se rend compte que Ray Kellog n’est pas avare en scènes de croques, qui sont assez nombreuses et ne manque pas de férocités. Situations renforcées par le fait que ces animaux se déplacent en meute et font preuve d’une force assez incroyable.
Le reste n’est par contre pas vraiment palpitant, les poursuites sur l’île ne dégagent aucune tension et sont rythmées comme un épisode de l’inspecteur Derrick, beaucoup de scènes de dialogues viennent s’ajouter à cela, et la solution que trouvent les survivants pour échapper aux musaraignes est en parfait accord avec le reste du film : grotesque. Les acteurs, parmi lesquels on retrouve James Best, habitué des séries télévisées et aperçu dans Les Abeilles féroces ou encore Ken Curtis dont on a sans doute déjà tous croisé la trogne dans un western, ne semblent que peu convaincus par tout ce cirque. Enfin, comme tous les protagonistes du film ne font que picoler tout au long de nombreuses séquences, espérons pour eux que les bouteilles contenaient réellement de l’alcool afin de rendre tout cela bien plus amusant pour eux.
Dommage donc que le réalisateur ne se soit pas aperçu dès le départ des limites de son film, il aurait ainsi pu abandonner le ton sérieux qu’il tente d’insuffler à son œuvre, qui aurait vraiment gagné à se jouer de tous les poncifs du genre afin de nous offrir un divertissement un peu plus en adéquation avec ses aspects farfelus. Tout est donc mauvais ou hilarant, mais il est pourtant difficile de ne pas trouver un petit charme à The Killer Shrews, qui mine de rien se trouve être assez bourrin et à le mérite de proposer des bestioles nous changeant un peu des habituels insectes ou reptiles géants, dont The Giant Gila Monster est par contre l’un des plus déplorables représentants.
Initialement tourné en noir et blanc, The Killer SHrews fut colorisé par la suite. Les captures proviennent de cette dernière version.
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