The Wasp Woman (La Femme guêpe) – 1960 – Roger Corman
A peine le film La Mouche noire sorti sur les écrans, Roger Corman s’empare de l’opportunité et nous mûri un projet, avec l’aide du scénariste Leo Gordon (L’Attaque des sangsues géantes), qui verra donc le jour sous le titre The Wasp Woman, sobrement rebaptisé La Femme guêpe dans nos contrées, durant cette année 1960. Tourné en une petite semaine avec un budget quasi inexistant, The Wasp Woman ne mérite sûrement pas l’affreuse réputation qu’il se trimbale. Bien entendu ce dernier est loin d’être une des meilleurs production de Corman, l’intrigue met un bon moment à ce mettre en place dans des décors peu nombreux, les effets spéciaux sont plus que rudimentaires, et l’aspect « film de monstre » divertissant auquel on s’attend à assister n’interviendra que bien tard dans le récit, sans pour autant être véritablement satisfaisant.
En effet, ce n’est pas cette ultime partie du film qui rend l’histoire assez passionnante, mais bel et bien toute la mise en place des personnages principaux et des relations qu’ils tissent entre eux. Dépassée par les évènements et subissant une pression qu’elle ne pourra sans doute pas supporter, Janice Starlin en vient à se porter volontaire pour expérimenter sur elle-même une substance sur laquelle travail un scientifique chevronné, mais dont les effets principaux et secondaires sont encore loin d’être connus… Corman parvient sans trop de mal à nous rendre cette femme-cobaye plus que sympathique, qui tente le tout pour le tout afin de sortir de cette impasse professionnelle et personnelle.
Malheureusement des effets inattendus vont commencer à se faire ressentir, et si l’ambition première visant à rajeunir l’aspect de son corps se déroule parfaitement, l’entourage de Janice commence à remarquer des changements dans sa manière d’être, qu’elle tente en vain de dissimuler, jusqu’a la mutation finale faisant d’elle un véritable monstre…
Difficile ici de ne pas faire le parallèle avec les transformations qui touchent le professeur Andre Delambre dans La Mouche noire, ou encore son équivalant Seth Brundle mit en scène par David Cronenberg bien des années plus tard dans son excellent remake du film de Kurt Neumann, même si Corman ne possède pas le talent des deux réalisateur et traite tout cela avec une certaine légèreté. Un des autres points intéressant est la personne du Docteur Zinthrop, qui contrairement à la plupart de ses confrères dans des productions du même genre, n’est pas représenté par un taré voulant se substituer au rôle de Dieu (ou de mère Nature, comme vous préférez), ni un illuminé voulant déverser sa folie et ses créatures mutantes afin d’exterminer l’humanité ou de se venger d’un quelconque affront. Ses expérimentations sur la gelée royale de guêpes ne sont pas non plus dénuées d’intérêt, financier bien entendu, mais aussi pour se faire un nom dans le milieu grâce à une découverte majeure. Les discussion qu’aura se dernier avec sa « patiente » sont assez morale, il est question d’éthique, de faire un peu plus d’expérimentations, mais la détermination de Janice finit par l’emporter.
La suite tombe par contre dans le film de monstre classique, sans réelle saveur et sans surprise, malgré le fait que Corman parvienne tout de même à créer une petite ambiance effrayante, tirant parti des zones d’ombres et d’un éclairage quasi-absent, afin de palier aux trucages risibles concernant le maquillage de notre femme-guèpe. Quelques petites touches d’humour parsèment le récit, et l’interprétation correcte d’acteurs comme Susan Cabot (The Viking Women and the Sea Serpent, War of the Satellites), Michael Mark (Attack of the Puppet People) ou encore d »Anthony Eisley (The Mighty Gorga, Dracula vs. Frankenstein) ne fait qu’ajouter au capital sympathie de cette production mineure. Corman produira un remake de son propre film pour la télévision en 1995, connu sous le titre de Forbidden Beauty et réalisé par Jim Wynorski, qui à par contre un peu plus mal vieillit que son ancêtre…
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