Thoraxx II: The Breeding – 2003 – Jason Butler & Mark Peaslee
Issu du fin fond de l’Illinois, plus précisément de Champaign-Urbana, Thoraxx II : the Breeding est une série Z s’intéressant aux effets néfastes des avancées scientifiques, à leurs conséquences secondaires et aux mutations les plus improbables. Jusque-là, rien d’anormal. Pourtant, le film de Jason Butler et Mark Peaslee est bien plus que cela. Un délire déjà entamé lors du précédent volet, Thoraxx, court-métrage sorti quatre ans plus tôt (et tourné en une seule journée !), qui se concrétise ici par un film indépendant de 100 minutes. Thoraxx II louche autant vers les films de monstres des années 50, comme La Mouche noire, La Femme guêpe et autres abominations mutantes, que sur les productions horrifiques des années 80 ou les comédies musicales. Car oui, Thoraxx II propose de nombreuses séquences chantées, avec des textes et des chorégraphies absolument ringardes. À noter que les comédiens jouent d’ailleurs aussi mal qu’ils chantent ou qu’ils dansent ! Le réalisateur s’entoure en effet pour ses films de quelques acteurs amateurs du coin, mais surtout d’amis n’ayant jamais mis les pieds devant une caméra.
Au travers de titres comme The Adventures of the Screaming Ape, The Blair Witch Project Project, ou encore les films Thoraxx et Thoraxx II : the Breeding dont il est question ici, difficile d’imaginer tomber sur une production sérieuse de la part de son réalisateur. Ce dernier est part ailleurs en train de finaliser une série basée sur les loups-garous intitulée Werewolf Cemetery, qui comprendra 4 films. Là encore, Jason Butler privilégie la loufoquerie et la bonne humeur, tout en rendant hommage aux films datés de quelques décennies.
En ce qui concerne Thoraxx II, dès le générique le ton est donné alors que l’écran de titre du film n’est autre qu’un bout de carton stylisé par un pochoir. La suite est du même acabit. Le réalisateur-producteur-acteur emprunte quelques images aux films Starship Troopers et Moby Dick, ainsi que la quasi-intégralité de son court métrage Thoraxx.
Les effets spéciaux sont minimalistes, bricolés à partir de tout ce que l’équipe a pu se mettre sous la main. Essentiellement du carton, des sacs-poubelle, des bandes magnétiques et des ballons de baudruche. Les mutants ainsi que des fourmis géantes sont à mourir de rire, et finalement le moustique gonflable est sans doute la créature la moins ratée du bestiaire ! Les costumes et perruques ne sont absolument pas crédibles une seule seconde, au même titre que les monstres croisés durant le récit, lui aussi des plus simplistes. Il s’agit tout simplement d’un homme-fourmi, baptisé HumAnt par les scientifiques, qui va semer un bordel monstre dans une petite ville paisible, véritable havre de paix pour les péquenauds et bouseux en tout genre. Un inspecteur, dont le frère est l’une des victimes de HumAnt, ainsi qu’une scientifique vont mener une enquête sur les étranges événements qui secouent cette petite communauté.
Simplicité et imbécillité sont les maîtres mots de cette série Z indépendante, produite et réalisée par Jason Butler via BrainSmart Productions. Malgré quelques longueurs et de nombreux dialogues, comme souvent dans ce genre de films, Thoraxx II: the Breeding parvient à divertir de belle manière. Malgré son microbudget, ses comédiens horriblement mauvais et ses effets spéciaux plus que minimalistes, la bonne humeur prédomine et il est difficile de ne pas succomber aux charmes de cette comédie musicale de science-fiction, dont la bande-son, qui est à l’image du reste, touche un peu à tout, du rock à la country en passant par des titres nettement plus classiques ou farfelus, qui s’accommodent plutôt bien à l’ensemble. À réserver tout de même aux amateurs, ceux qui n’ont pas peur d’assister à une course-poursuite à la Benny Hill avec un homme-fourmi sur un skateboard poursuivant des gens hystériques sur un fond de country bien joyeuse.
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