Willard – 2003 – Glen Morgan
Le film réalisé par Glen Morgan (Destination Finale, The One…) est le remake du Willard de Daniel Mann sorti en 1971, lui-même adapté d’un roman de Stephen Gilbert, Ratman’s Notebooks sorti en 1968. A l’époque le film sera rapidement suivi d’une séquelle, Ben réalisé par Phil Karlson.
Dans l’ensemble le Willard de 2003 est une belle performance, même si sur certains aspects il demeure bien moins réussi que l’original. L’aspect visuel du film, sublime, des acteurs convaincants et l’ambiance sombre et étrange font de ce film une œuvre à voir, même si le déroulement manque parfois un peu de rythme. Crispin Glover (Back to the Future, Dead Man…), s’il n’égale pas la performance de Bruce Davison (dont on voit d’ailleurs quelques photos sur les murs de la maison de Willard, censées représenter son père) s’en sort de manière excellente, le film repose en grande partie sur ses épaules et je dois avouer que le réalisateur à ici fait un très bon choix, épaulé efficacement par des seconds rôles de très bonne facture R. Lee Ermey (fidèle à lui-même) et Laura Elena Harring en tête.
Venons en aux autres acteurs du film, les rats… Ici aussi le la manière dont sont utilisés les rongeurs est une grande réussite, le travail qui à du être fait pour obtenir un tel résultat est vraiment à saluer.
Les scènes où interviennent les rats sont vraiment efficaces, cela va de la relation Willard – Socrate, très touchante, de la confrontation avec Ben qui provoque un certain malaise, mais également de tous les moments où les rongeurs sont à l’écran (les entraînements, les attaques…) qui sont visuellement parfaits et terrifiants. Elles sont peu nombreuses mais parfaitement mises en scène, tendant également vers l’humour noir lors de la scène dans laquelle un chat va subir une mort atroce… cette scène peu paraître un peu gratuite, un peu comme celle que l’on peut voir dans Men Behind the Sun, mais elle montre bien l’évolution du personnage de Willard, dont les sentiments se transforment petit à petit en haine voir même en sadisme.
L’élément déclencheur de sa « folie vengeresse » étant la mort de Socrate alors que Willard et Ben assistent impuissants à la cruauté de l’homme, ici le patron de l’entreprise, envers leur « ami ». La suite du film va donc se concentrer là-dessus et là, le réalisateur nous gratifie de certaines scènes vraiment sublimes, l’apparition des rats à la manière des oiseaux dans The Birds dans le bureau du patron ainsi que la mer grouillante de bestioles aux dents acérées, sont inquiétantes et troublantes…
Pourtant le film montre quelques faiblesses.
Le problème vient surtout du fait que le réalisateur en fait parfois un peu trop, vouloir faire un film d’horreur « à l’ancienne » est une bonne chose, mais les clins d’œil à Hitchcock (notamment Psychose, mais également The Birds) ainsi que l’ambiance gothique sont parfois un peu trop appuyés. Cela me fait plus penser à une manière dérobée de mettre en scène correctement certains passages plus qu’a des clins d’oeil. Il aurait été également pas mal de développer un peu plus l’évolution de la relation entre Willard et Ben, qui est superbement mise en scène dans le Willard de 1971 et qui est traité un peu à la va-vite ici si bien que la manière dont la violence que Willard a semé quand cela se retourne contre lui parait sortir un peu de nulle part (enfin en même temps on est loin du duel kitsch entre le rat et Peter Weller dans Of Unknown Origin). Mais dans l’ensemble Willard reste un très bon film, malheureusement boudé en salles et qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse, ses qualités étant nombreuses.
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